Matière à Réflexion

Supplément français

matière à réflexion

Le Bonheur et La Torah

 

Je découvre, petit à petit, la beauté de la Torah. J’ai commencé à lire des ouvrages juifs et à suivre régulièrement un cours donné par le Grand Rabbin Sitruk. Une question continue cependant de me préoccuper : quel est le point de vue de la Torah sur le plaisir et le bonheur dans la vie ? Sa perspective diffère-t-elle de celle de notre société ? Si oui, en quoi ?

 

Cher ami,

Il m’a fait grand plaisir de recevoir de vos nouvelles et d’y apprendre vos premières découvertes dans le judaïsme et sa beauté. Ce départ tend à prouver que vous y ressentez déjà un certain plaisir. Je voudrais vous expliquer la joie que procure et constitue l’observance de la Torah, mais il est impossible de le faire avec exactitude. Les mots ne suffiraient à exprimer ce bonheur. La délectation profonde que vous éprouvez en écoutant une conférence – de vive-voix ou sur cassette – peut vous donner une vague idée de celle que rapporte son observance. Et puisque vous suivez des cours depuis déjà plusieurs mois, vous pourrez répondre en toute objectivité à cette question : l’étude n’offre-t-elle pas un plaisir plus intense que les autres jouissances de la vie ? Il s’agit un peu de ce plaisir emplissant celui qui accomplit une bonne action. Cet homme éprouve une élévation, une délectation profonde ; il a le sentiment d’avoir ajouté un élément bénéfique au monde.

Ne sentez-vous pas, en étudiant la Torah, que vous acquérez une meilleure compréhension du monde environnant ? Que vous développez une vision plus positive de votre existence ? Que vous découvrez plus de sens à la vie ?

Encore une fois, vos expériences dans l’observance et l’étude sont certainement plus efficaces que ma langue pour vous donner une juste idée de ce plaisir. Mais je vais quand même essayer de faire de mon mieux pour vous expliquer la différence qui sépare le point de vue de la Torah et celui de la société sur ce que l’on appelle le bonheur.

 

La société et le plaisir


Dans une petite ville touristique de Savoie où j’eus l’occasion de me trouver, je fus frappé par le nom d’un bistrot situé en face de la gare ferroviaire : « Le Terminus ». Cette appellation, me suis-je dit, reflète tout le regard du monde sur le plaisir : il est un but en soi, « le terminus » à atteindre…


Selon une idée solidement enracinée dans nos esprits, atteindre le bonheur dans la vie réclame la poursuite du plaisir. Par « plaisir », entendons : d’agréables vacances en famille, des sorties entre amis ou avec notre conjoint, des soirées au restaurant, une belle voiture et une maison plaisante… Dans notre vocabulaire courant, plaisir et bonheur sont synonymes.


Quiconque a réussi à emplir sa vie de plaisirs est considéré comme ayant atteint le bonheur. À l’instar de Tarzan qui saute d’une branche à une autre pour arriver à destination, il ne nous resterait qu’à bondir d’un plaisir au suivant pour atteindre ce fameux « bonheur ».


Pourquoi alors voit-on tant de gens qui « disposent » de tous les plaisirs de ce monde et n’ont pourtant pas trouvé le vrai bonheur ?


La réponse à cette question semble simple : ce qui, fort souvent, manque à ce train de vie, c’est un sens. Un tel mode d’existence nous laisse finalement un vide ; il nous frustre. Le but de l’homme en ce monde serait-il réellement celui-ci ? N’est-il pas plus profond, plus noble ?


Le plaisir est un remède pour échapper à la réalité, pour oublier un instant nos difficultés. Une fois celui-ci révolu, la personne qui en a joui se retrouve au point de départ. Cela ressemble au manège d’un parc d’attractions : au son d’une forte musique, on y est propulsé à grande vitesse dans un cercle tourbillonnant. Mais lorsque le tour prend fin, la mélodie s’arrête et l’on se retrouve au même point de départ…

 

Le Bonheur de la Torah
Pour vivre le vrai bonheur, quatre besoins psychologiques doivent être satisfaits : l’aspiration à un sens et au plaisir, la nécessité de comprendre la vie et de réaliser notre potentiel. L’observance de la Torah nous permet de combler ces nécessités. Grâce à elle, nous nous améliorons et sommes à même de nous accomplir pleinement. Celui qui s’y consacre peut, à long terme, accéder à la satisfaction spirituelle et émotionnelle.


La Torah nous encourage à jouir des plaisirs de l’existence ; elle emplit notre vie de sens et nous donne une raison d’être. Car « vie de Torah » n’est pas synonyme de renoncement et d’ascétisme. Au contraire, celui qui l’observe n’en a pas moins accès aux jouissances du monde… La seule différence réside en ce que celles-ci deviennent plus sensées – elles nous rapprochent d’une raison d’être – et elles sont canalisées (un bon vin cachère reste un bon vin…).


La Torah nous a assigné un but : se rapprocher de D’. Ses commandements (mitsvoth) sont autant de moyens, qu’Il nous a Lui même indiqués pour y parvenir. Chaque action, chaque mitsvah réalisée nous rapproche de cet objectif, tout en nous dirigeant vers le vrai bonheur.


Prenons l’exemple du chabbat : nous nous y reposons et y vivons le plaisir de partager de beaux moments et joyeux repas avec notre famille. Le but, certes, est d’observer ce jour sacré, mais par le biais de cette mitsvah, on accède à une grande joie intérieure et spirituelle.


Il en va de même des autres mitsvoth. L’observance de chacune d’elles éveille en nous une satisfaction intérieure, nous rapprochant du bonheur et du sens divulgué de l’existence. Le but est l’accomplissement des commandements ; le résultat est un plaisir à long terme.


Cette observance révèle une autre dimension – toute spirituelle – du contentement. L’étude et la pratique procurent à notre âme une délectation sans limite, qui ne souffre aucune comparaison avec les plaisirs du monde.


Elles nous offrent encore bien d’autres avantages : 1) La satisfaction de pratiquer le bien 2) Celui d’avoir accompli une bonne action 3) La paix intérieure acquise à l’idée que l’on suit une bonne voie 4) Le bien-être suscité par le sentiment d’avancer dans la vie 5) Le plaisir de réaliser la volonté de Hachem et de progresser dans la voie de nos ancêtres.

Comprendre la vie
Le plaisir d’apprendre procure une satisfaction à long terme. Nous qui sommes appelés « le peuple du Livre » le savons depuis des siècles. Et c’est bien « le Livre » – la Torah – qui nous offre cette satisfaction. Elle nous aide à apprendre et à comprendre la vie ; elle nous procure une plus juste perception du monde et répond au « pourquoi » de l’existence. Or, il n’est guère de délectation plus profonde que celle de comprendre.


Qui donc ne s’est jamais demandé s’il existe un objectif autre que « je travaille, je mange, je m’amuse » ?

S’il existe, quel est-il ? L’accomplissons-nous ? Le fait que je sois né juif change-t-il quelque chose dans ma vie quotidienne ?


La Torah offre des réponses.
Heureux est l’homme qui connaît le but de son existence, heureux est celui qui l’accomplit. La Torah répand des rayons d’espoir en toute situation, montrant que chaque jour est une nouvelle bénédiction. Évoluer selon son point de vue nous permet de comprendre et de surmonter les défis quotidiens et d’éviter les problèmes.


Des maux actuels comme la drogue, l’alcoolisme, le suicide, la délinquance et la violence sont dus principalement à un manque de repères et de valeurs. Avoir un objectif, trouver un sens à la vie nous permet, à nous-mêmes et à nos enfants, d’éviter bien de ces douloureux problèmes. La Torah place des jalons et nous permet de progresser vers notre raison d’être.

 

Une vie d’agrément
Elle accroît la qualité de notre existence quotidienne et raffine notre vie familiale. La paix, la considération et l’amour constituent les bases du foyer juif. Le chabbat et les fêtes sont autant d’occasions de resserrer et d’apprécier les liens. Le temps passé ensemble offre les atouts d’une vie familiale harmonieuse. La communication ouverte
est encouragée et les risques de rupture amoindris – le taux de divorces parmi les familles juives observantes est négligeable comparé aux 36 % (ou 50 % dans la région parisienne) qui marquent la société laïque française.


Le jeune enfant qui fréquente une école juive revient à la maison en chantant joyeusement – notamment sur l’importance d’aider ses parents. Il s’y forme aux valeurs nobles et éternelles comme le respect de l’autre, l’honnêteté, la responsabilité et la générosité, la dévouement à la famille et à la communauté. Il y apprend à apprécier son semblable et à être apprécié pour ses valeurs intérieures plutôt que pour ses apparences. Tels sont les critères de la Torah. L’école est l’associée, la partenaire amicale des parents dans l’éducation des enfants ; elle les aide à leur transmettre des bases solides qui les accompagneront pour le reste de leur vie. Quelle joie éprouvons-nous lorsque nos fils et nos filles parlent avec respect, quand ils accomplissent des actes de bonté et aiment leur prochain ! Quelle tranquillité d’esprit ressentons-nous lorsqu’ils se comportent dûment !


L’observance de la Torah est un gage d’unité familiale et de prévention contre un grand nombre des maux actuels de la société.


Une étude réalisée aux États-Unis a mené aux conclusions suivantes :

Seize fois plus de problèmes de drogue ont été enregistrés dans les écoles privées non juives que dans les écoles juives. Ce taux d’utilisation de stupéfiants est environ vingt fois plus élevé dans les écoles publiques.

L’absence d’éducation juive est la cause numéro un des mariages mixtes. Les résultats d’un sondage ont prouvé que sur 100 enfants n’ayant pas fréquenté d’école juive, 70 se marient hors du judaïsme, tandis que deux pour cent de ceux ayant fréquenté un établissement scolaire juif jusqu’à la terminale ont contracté un mariage mixte. Dans les écoles Otsar haTorah en France, ce taux est encore moindre.

Évidemment, l’observance de la Torah requiert dévouement et travail, et implique parfois des défis, voire des déceptions. Mais les fruits valent considérablement plus que l’effort requis.

Les premiers pas ver le bonheur
Le premier pas consiste à apprendre. Vous pouvez faire vos débuts en accomplissant une mitsvah comme l’observance du Chabbat avec votre famille, ou manger cachère, ou encore suivre des cours réguliers sur les sujets qui vous intéressent. C’est ainsi que l’on progresse petit à petit…


Pour apprendre, plusieurs possibilités s’offrent à vous :
1) Suivre un séminaire. Il vous suffit pour cela de contacter un organisme comme Oraïta, Arakhim, ou Chévet A‘him en France
2) Suivre des cours – le Rabbin Benchetrit offre régulièrement des conférences passionnantes à une synagogue à Paris.
3) Se procurer des Audios de conférences données par des personnalités d’envergure et distribuées par l’organisation Dvar Torah. (Cf. coordonnées dans le chapitre des références.)


Un ami m’a récemment raconté l’anecdote suivante : Pendant des années, il avait consacré ses fins de semaines à un passe-temps fort lucratif : la recherche d’or dans d’anciennes mines américaines. Il trouvait chaque fois un petit trésor d’une valeur de
quelques centaines de dollars. Un week-end, il trouva son magot habituel, mais d’autres chercheurs étaient là aussi. Fins connaisseurs des métaux, ceux-ci découvrirent quelque chose de bien plus précieux que l’or : du mercure. Ils achetèrent les droits d’exploitation à la société des Mines, et gagnèrent par la suite des millions de dollars. De grandes richesses peuvent se trouver sous nos yeux – conclut mon ami – mais nous les perdons pour les avoir considérées comme faisant partie du décor.


La Torah est un trésor. Il serait dommage de s’en passer trop facilement ! Cette richesse est à votre portée. Contactez dès aujourd’hui les organismes adéquats, afin d’accéder au plus vite à un bonheur durable, authentique et sensé !

Matitia Chetrit, M.B.A.

P.S. J’étais sincère, lorsque, au début de ma lettre, j’ai exprimé ma joie à l’idée que vous avez commencé de découvrir la Torah. Le problème de l’assimilation est devenu tel que des organisations juives internationales s’inquiètent de la continuité même de notre peuple. Les mariages mixtes sont actuellement plus nombreux que les juifs. Deux tiers des enfants juifs ne savent même pas qu’ils le sont ! Face à une situation aussi
déplorable, deux mesures s’imposent à chacun de nous :

1) Consacrer 5 minutes chaque soir – pendant le repas, s’il le faut – à une étude en famille et introduire ainsi progressivement la beauté de la Torah dans son foyer. Quasiment tous les sujets susceptibles de vous intéresser sont aujourd’hui accessibles en langue française (il sera indiqué plus loin où les trouver)

2) Considérer avec tout le sérieux requis la possibilité d’inscrire ses enfants dans une école juive. En franchissant ce pas, vous verrez la paix et la joie dans votre foyer, et surtout, vous encouragez considérablement vos fils et filles à poursuivre la voie et les traditions de vos aïeux. À l’inverse, ne pas leur garantir cet environnement, c’est s’exposer au risque de les faire renoncer à leur identité et de perdre à jamais de nouvelles générations juives.

Choisissez donc un livre de Torah et étudiez-y 5 minutes chaque jour avec votre famille, ou seul. Cinq minutes, est-ce beaucoup pour contribuer à la pérennité de notre peuple ? Essayer de transmettre ce message autour de vous et, avec l’aide de D’, en continuant de vous former et d’évoluer positivement dans l’observance des mitsvoth, vos efforts porteront leurs fruits inappréciables.


Enjoy • Jerusalem Life

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